Ode à l’hiver
Créé le 01/01/2015 02:00
Ce matin, la lune est encore là, suspendue au-dessus d'un paysage d'automne attardé. La douceur inhabituelle de cette saison laisse quelques fleurs s'accrocher. Elles ressemblent à ces vieux qui tiennent encore, qui un matin se retournent et murmurent : *"Déjà ? C'est l'heure ? Encore un bisou aux petits, qu'ils sachent que je les aime."*
Dans ces instants d'adieu, aussi fragiles qu'ils soient, on sait. On sait qu'ils sont beaux, magnifiés par un amour simple et pur. Comme ces fleurs. Nul besoin d'avoir peur : après l'hiver, au petit matin, ils seront encore là, aussi loin et aussi profond que nos cœurs sauront regarder.
Les arbres, témoins de plusieurs vies d'hommes, se tiennent droits en toutes saisons. Ils ont laissé partir leurs feuilles, emportées par le vent, la pluie, la grêle, ou simplement parce qu'il était temps pour elles de retourner à la terre, nourrir les racines de leurs pères, de leurs mères.
L'hiver est à notre porte. Et pourtant, à notre époque, on ne sait plus s'il viendra vraiment. La planète peine, et on s'interroge : comment la sauver ? L'hiver sera-t-il doux encore, ou nous mordra-t-il si fort qu'on se mettra à le craindre ? Saurons-nous être à la hauteur des épreuves que la Terre, dans sa fièvre, peut nous faire traverser ?
Des questions sur un avenir qui, bien que proche, n'est pas encore.
Le grand Corbeau Blanc est là, en chacun de nous. Du haut de sa branche, il nous invite à revenir à l'instant. L'œil vif, bienveillant, il veille sur ce qui est là maintenant, sans douter que lorsque demain sera maintenant, nos ailes auront retrouvé leur envergure.
Article mis à jour en février 2026.
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